L’état de la ferme était lamentable, ça rappelait les petits villages qui apparaissent dans les documentaires de la 2ème Guerre Mondiale après les bombardements de la Luftwaffe. Sans doute ça méritait la peine, le tout, sa localisation, l’architecture de la zone et le modèle de logement que nous avions pensé contrecarraient avec illusion l’effort titanique que supposait transformer ces ruines en un logement rural de premier plan..

  Et, mise à l’œuvre. La première épreuve de feu était son élément complémentaire : l’eau. Mais pas n’importe où, nous avions besoin de l’eau à la hauteur de l’unique coteau qui s’élevait derrière la ferme et qui assurait une « chute lnaturelle », suffisante, pour approvisionner avec la pression nécessaire les maisons.

Ce fut un spectacle voir comment José Manuel, jeune quoique expert devin de la région, scrutait concentré la zone jusqu’à détecter avec sa baguette, ce qu’il a pronostiqué comme étant 2 forts et profonds courants au-dessous de ses pieds, exactement à l’endroit idéal pour notre convenance..

L’accès était infernal ; plus de 11 Km d’un chemin que, auparavant était presque impraticable ; avec pas plus d’eau que ce qu’on trouve dans un puit typique, à un niveau inférieur à celui des maisons, et avec une zone à réhabiliter de plus de 2500 m2 entre rues et édifices.
Ça devait être 3h du matin, de cette horrible nuit d’hiver, quand, accroupies à côté du feu, on contemplait expectant comment la perforeuse soufflait, lançant des nuages de poussière. Pas un signe d’humidité à 20m…et soudainement, le brin métallique s’enfonça d’un seul coup plus d’un mètre et un sifflement aigu et tellurique monta depuis les profondeurs libérant un puissant jet d’eau. Quelle délice ! et à 50m l’autre...
  Comme poussé par un puissant aimant, le brin d’acier, tournait violemment entre ses doigts quand il traversa la probable trajectoire de la veine d’eau, et ainsi plusieurs fois jusqu’à trouver le croisement exact des deux courants.

 
    Surmontés ces obstacles, commençait la phase créative. Des centaines d’esquisses recréaient et résolvaient les problèmes ; des plus généraux aux plus insignifiants.
Et c’est que, dans un lent processus de radicalisation et purification, on est arrivé à la conclusion que pour ce projet, tant pour sa conception que pour le matérialisme, tout, devait être propre, original et éloigné des standards habituels. Ou peut être allions-nous faire des « boites d’allumettes » avec un revêtement de porcelaine et des portes de « Sapelli » ?
Au fur et à mesure que l’ouvrage avançait tout allait en se cadrant, parce que, non seulement c’était moins cher utiliser les matériaux et solutions traditionnels mais en plus, c’était le plus adéquat... et l’imagination est gratuite.


 
   

C’était pas en veine qu’on a entrepris la construction de 6 salles de bain, 5 cuisines et salons, 10 chambres à coucher, un restaurant avec salle à manger et cuisine et tout ceci avec ses cheminées, salamandres et tous les compléments pour les doter de style et confort. D’autre part, dans des proportions supérieures, il était nécessaire faire surgir pratiquement de rien, 5 maisons complètes, avec une infinité de portes et fenêtres, paver les espaces urbains, en les dotant de fontaines et bancs, plate-bandes.

Ce fût aussi intéressant le fait d’avoir photographier tout le processus puisque non seulement furent précieuses les images durant la phase d’œuvre, mais aussi, aujourd’hui, ces photos sont encore d’utilité, et un exemple, pourrait être ce travail.


Nous ne pouvons pas oublier non plus les aides économiques que nous a apporté la Communauté Européenne à travers du Programme Leader que, quoique avec beaucoup de retard, nous a permis dans une grande proportion la réhabilitation de notre ferme.
Nous espérons que ces quelques pages servent à promouvoir notre ferme, mais aussi qu’elles animent et stimulent d’autres initiatives similaires car la région, et la satisfaction de voir comment de simples pierres se transforment en quelques chose de vivant, harmonieux et agréable, mérite la peine et l’effort.




 
 
  Pour peu d’argent, pouvait se faire une lucide robinetterie avec des pièces de plomberie visibles ou encastrer une simple terrine sur le dessus pour avoir un évier original...
Et ainsi avec le tout : lits, tables, miroirs, lampes, mécanismes et solutions. Le tout réinventé et révisé pour être adapté tant à l’esthétique qu’au prix.



 
  Comme dit un bon ami à nous, la Ramallosa, est un chant à l’ « ad hocquisme », parce que tout ce qui pouvait se conservait à été respecté, et, toujours, avec des solutions « ad hoc ». après ces œuvres et autres, que nous avions entrepris postérieurement, on est arrivé presque à systématiser ce que nous croyions pouvait être un style personnel en décoration rustique pure : économique quant aux matériaux et solutions, mais riche et chargé en détails et idées, pour lequel on l’a baptisé comme "Barrústico" ou "adhocquismo barrústico" en honneur à notre ami.


Sûrement, quand vous viendrez, vous saurez l’apprécier et en profiter.